Mai, ou le pire mois du monde.
Ce mois où dans notre magnifique petite région, il fait encore moins beau qu'à Dunkerque (Et c'est dire !).
Bref, les nouvelles. Eh bien avec mon fidèle Eustachio* (ritale de merde va.), on se rend au fur et à mesure compte qu'une gigantesque chape de plomb s'est abattue sur notre petit groupe de gens joyeux, souriants et pleins de vie. On était toujours fourrés au Lézard, on était ceux que l'on entendait le plus, éclats de voix et hurlements d'indignation..
Et maintenant tout le monde fait la gueule tout le temps. Des têtes de dix pieds de long, voilà ce que je croise à chaque fois que j'arrive place de la Rep' pour rejoindre les gens.
Lisa* va mal loin de son amoureux allemand, en plus elle s'est chopé un truc, une mauvaise fièvre.
Eustachio* est préoccupé par la politique, encore et toujours, il veut toujours sauver tout le monde celui la.
Nancy* est en plein bad parce qu'elle a quitté Régis Robert*, et qu'elle est en train de tomber amoureuse de Joey* ; Henry*, en couple avec Gervaise* (fille volage et a la courte, voir très courte vertu), est attiré par Erwen*, elle même en couple avec Bernard* qui ne donne pas de nouvelles depuis deux longues, très longues semaines.
Etant moi même amoureuse de Bryan*, l'insensible batard faux rockeur attachant, on ne peut pas dire que je puisse rattraper le niveau non plus.
Merde ; Merde et merde. Ca craint, ça craint pire que tout.
Parce que si vous voulez, la petite bulle de bonheur que nous avions rien que pour nous, premièrement elle était koule, deuxièmement elle était pratique parce qu'isolée.
Et là, qu'est-ce que c'est, on se plaint tout le temps (OK, ça, ça change pas parce que nous sommes une bande de vieux hipster de merde, blasés et malheureux par principe), on est fatigués tout le temps, on fait la tronche, on en a "trop marre", on veut se barrer.
Du coup, la principale activité du groupe, mis à part comater et tirer la gueule en bande place de la République, au Lycée ou au Lézard, c'est de critiquer.
Et pour ça on est bons.
Commères puissance 10 environ (Surtout Eustachio*, normal il est ritale.), et ce sur tout le monde, n'importe qui n'importe quand n'importe quoi.
Et voilà ce qui me désespère.
En fait, je suis en train de me rendre compte que nous sommes puérils, ridicules, idiots.
Notre manque total et constant de maturité, me navre un peu je dois dire. En fait, on est encore pire que les abrutis que l'on méprise. J'en reviens juste pas.
On est juste comme nos chats que l'on a pu s'amuser à enfermer dans des boîtes en carton.
On les laissait là quelques minutes, puis quand on venait les libérer après maintes et maintes suppliques en forme de MIAW déchaînés, nous sautaient dessus et nous griffaient, pendant que l'on hurlait à la mort.
On les pensait différents, nos chats, on les pensait gentils aimants câlins, nos meilleurs amis. Mais non, c'étaient juste des bestioles comme les autres. Quand on les emmerdaient, ils griffaient.
Et nous au final c'est pareil
On s'imaginait que l'on était différents, au dessus de ça.
Mais on se plantait. On s'est fait avoir, parce qu'on a tous un vieux chat galeux, puant, dégeulasse, plein de puces en nous.
Et un jour, quand on soulève la boîte en carton qui contenait un quelconque grille pain ou une machine à café auparavant, lorsqu'on la soulève donc cette boîte miteuse, le chat nous regarde en plein dans les yeux. Il nous fixe, haineux, et il se jette sur nous.
Il nous lacère le visage jusqu'au sang, jusqu'aux cris.
[Eternal.]